vendredi 19 mai 2017

La beauté réside dans la variété

« Il n'existe pas de temple dédié à Brahmadeva parce qu'il n'est jamais là pour assister à un puja ou autre cérémonie à son adresse. Il est trop occupé à surveiller la création qui le représente et est son pouvoir de témoin dans l'évolution humaine. Mais l'activité principale de cette Divinité est de créer la beauté absolue, beauté qui émane de la diversité des textures, des couleurs, des lignes et des formes au sein de la matière. La variété est l'essence de la beauté. Et l'harmonie de ces variétés suscite une félicité qu’un esprit éveillé ressent, ce bonheur est bien plus perçu comme de la joie.

L'artiste produit une œuvre pour exprimer la joie éprouvée après avoir entrevu la beauté de la création. Beaucoup d'artistes qui sont de grandes âmes et qui vénèrent Sarasvati ont contribué à la création matérielle de Brahmadeva, établissant une nouvelle communauté de gens plus subtils qu’on appelle les artistes. La joie que la Mère Primordiale a déversée sur la Nature réjouit les artistes, qui utilisent le langage universel des couleurs, des lignes et des formes, pour l'exprimer. Ils remplissent la vie des hommes de magnifiques créations en musique, en peinture, en danse et autres formes d'art. Tout cela vient des bénédictions de la déesse Sarasvati, qui est, à l'image de la Divinité Mahasarasvati, une Déité du Pingala Nadi (canal droit). Ce canal est chargé de fournir du Pranava (prana?) pour la création de toutes les entreprises humaines.

Il faut en conclure que toute activité créatrice devrait aboutir à manifester la beauté subtile émanant de cette activité, pour notre satisfaction et notre plaisir. Avant de prier la Déesse Sarasvati, qui accorde au chercheur le pouvoir de créer, il faut d’abord vénérer Ganesha. Il oint le chercheur d’innocence et le conduit à suivre le protocole de la Déesse. Ainsi béni de sagesse, l’artiste voit tous les obstacles éliminés de son chemin par Ganesha, dont les bénédictions fonctionnent comme une énergie qui rectifie l’artiste.

L'innocence est le seul pouvoir purificateur qui peut libérer quelqu’un de l'asservissement du sexe. Un artiste impliqué dans des activités sexuelles illicites créera un art tendancieux, en accord avec son comportement, afin de le justifier. Quelqu'un qui trempe dans des perversions sexuelles ne peut maîtriser son art, même s’il est reconnu comme un maître. Il perdra la maîtrise de son art en perdant progressivement sa concentration. De plus, une personne qui limite ses intérêts à l'activité sexuelle ne peut apprécier la pleine manifestation de la création, qui est l'expression des multiples splendeurs de la réalité universelle de Sarasvati. Si une telle personne se rend à un concert, par exemple, elle ira chercher, tentera de trouver une excitation impure dans le visage ou le corps du musicien, et sera incapable de profiter consciemment de la musique. La performance du musicien ne lui procurera ni satisfaction ni joie. Pour titiller ses bas instincts, ses yeux erreront à la recherche d’un visage ou d’un corps à regarder.

Entreprendre un travail artistique sans être pur ne fait qu’engendrer des vibrations négatives ou anti évolutionnaires. Cela conduit à la désintégration de toute la beauté de l’œuvre. L'art véritable se trouve dans l'expression de l'Esprit divin manifesté, qui, chez l'artiste comme chez son public, crée bonheur, tranquillité, paix intérieure et joie. Il existe de nombreuses œuvres d'art qui contiennent un élément sexuel. Sans cet élément, ces créations seraient devenues des productions exceptionnelles pleines de romantisme. Non pas que Ganesha entraîne l'absence d'ego, mais il nous libère de l'esclavage des conditionnements venant du superego.
Si un écrivain ou un peintre, utilise son œuvre pour exprimer ses frustrations personnelles et son amertume, Ganesha peut le libérer de l'obscurité quand il reçoit la Réalisation du Soi, en illuminant sa vie d'un rayon d'espoir qui prend la forme du bonheur. Sinon, de tels écrits ou peintures sombres émettent des vibrations qui vont à l'encontre de la liberté réelle et de l'évolution.....
Ce n'est que lorsqu'une telle intégration avec Dieu se produit qu'une œuvre humaine peut atteindre l'état d'absolu, c'est-à-dire celui de la beauté éternelle. L'artiste s’empare de cette beauté lorsque, grâce à la Réalisation du Soi, il est dans la quatrième dimension de la conscience. Si le premier centre, le chakra du Mooladhara, reflète la sainteté et l'innocence, le chakra du Swadhistan exprime la créativité de la beauté. »
Shri Mataji Nirmala Devi, chapitre 13 sur le chakra du Swadisthan, Le Livre de l'Adi Shakti, écrit entre 1975 et 1977 (?), publié en anglais le 09/2013
Publié par dictionnaire sahaja yoga

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